Les informations présentées dans cette page sont tirées du mémoire de post-graduation soutenu par Mademoiselle Ahlem Youbi devant l'Université d'Annaba (département d'architecture). Je remercie Ahlem d'avoir mis à ma disposition une partie de son excellent travail, je n'oublie pas son papa, et néanmoins ami, Saïd pour l'aide qu'il m'a apportée.
Les opinions émises me sont propres.
1. Un peu d'histoire et une brève présentation générale.
La wilaya du Tarf se situe à l'extrême Nord-Est de l'Algérie. Elle est bordée au Nord par la mer Méditerrannée et à l'Est par la Tunisie avec laquelle elle partage une longue frontière, à l'Ouest par la wilaya d'Annaba (Bône) et au Sud et Sud-Ouest par celles de Souk-Ahras et de Guelma.
La façade maritime de la wilaya du Tarf a une longueur de plus de 90 km. Le nom Tarf est d'origine arabe, il a deux significations possibles : il peut vouloir dire "extrêmité" ou "petitesse" (au sens importance), les deux possibilités s'appliquaient à la ville d'El Tarf qui se trouve à l'extrêmité du pays et qui se caractérisait par sa petite taille.
Aujourd'hui son importance a grandi et le petit village de mon enfance est devenu chef lieu de wilaya (département) ; El Tarf, est aujourd'hui une ville d'environ 20000 habitants (25000 si l'on compte les communes rattachées comme Le Guergour, Aïn-Khiar, Métroha ...). La ville du Tarf est construite dans une plaine où coulent l'oued-El-Kebir, d'Est en Ouest, et l'oued Guergour, du Sud au Nord.
Cette région, comme toute la côte algérienne, a vu passer à travers les âges de multiples visiteurs qui y ont séjourné plus ou moins longtemps et tous y ont laissé leur empreinte.
Les comptoirs commerciaux pré-coloniaux ont été nombreux qu'ils furent établis par les Phéniciens, les Grecs ou les Romains. Plus tard les Français les réhabilitèrent et s'en servirent.
Sur la côte calloise (El Kala - La Calle) les comptoirs étaient destinés à la pêche et à la commercialisation du corail. Ces comptoirs étaient dénommés bastions : bastion de Cap Roux datant du 12ème siècle et bastion de France (17ème siècle).
Nous trouvons de nombreux sites archéologiques (145 ont été recensés à ce jour) : menhirs et dolmens à Sgleb, grottes ornées de gravures rupestres du néolithique à Roum-El-Souk, vestiges de l'époque romaine à Sonarekh et de l'époque turque à Berrihane (Palais d'Ali Bey).
Concernant la période coloniale française, les centres de la majorité des villes de la wilaya, qui remontent à cette époque, en gardent une trace architecturale ; cependant, en termes de monuments représentatifs, il ne subsiste aujourd'hui de cette période que l'ancienne église de La Calle aujourd'hui classée au patrimoine culturel national.
2. Le milieu physique.
Il est formé de trois ensembles qui donnent à la wilaya sa triple vocation, agricole, touristique et forestière.
- Dans une orientation Nord-Sud, les plaines qui occupent un faible pourcentage (moins de 20%) du territoire se trouvent dans la partie médiane de la wilaya. L'agriculture se concentre autour du Tarf, d'Aïn-El-Assel (Yusuf), du Lac des Oiseaux et de Ben-M'hidi (Morris).
- La zone côtière avec essentiellement les communes d'El Kala (La Calle), Chatt, Berrihane et Sonarekh. Au plan agricole, dans cette zone c'est l'arachide qui prédomine et l'on constate, cela peut étonner le visiteur normand ou bourbonnais de ce site (après tout il y en a peut-être), un poids significatif de l'élevage bovin.
- La zone de montagnes avec les communes de Bougous au pied du Mont Ghorra (1203 m), El Aïoun (Lacroix), Cheffia, Zitouna (Toustain), Aïn-Karma (Meunier) et Roum-El-Souk occupe près des trois-quarts du territoire.
3. Le climat.
Il est peu différencié et se décline, du Nord au sud de la wilaya, de la façon suivante : la zone côtière jouit d'un climat chaud et humide, la zone de montagnes qui occupe l'essentiel de la wilaya bénéficie d'un climat humide doux au nord et frais au sud.
Cette brève description physique montre les atouts dont dispose la wilaya d'El Tarf, à savoir un climat tempéré (tout est relatif) et un potentiel hydrique important (de près de 720 hm3 en moyenne annuelle) permettant l'alimentation en eau potable et l'irrigation et aussi un important transfert de solidarité vers la ville d'Annaba (Bône). Cette avantage, en moyenne 45 litres d'eau par jour et par habitant (certes ce n'est qu'un ratio indicatif), dont jouit la région d'El Tarf, n'est pas négligeable et doit être un atout en matières agricole et de développement.
4. La population.
Les statistiques disponibles annoncent 430000 habitants pour l'ensemble de la wilaya, soit donc une densité de 145 hab/km². Si l'on fait l'hypothèse que 90% de la population du pays vit dans la partie septentrionnale (Algérie hors Sahara), la densité de la wilaya d'El Tarf est le double de celle du pays habité. Cela est logique compte tenu de la place occupée par la zone montagneuse. Il est clair qu'une grande partie des difficultés de la vie au quotidien est la conséquence du phénomène démographique. Les principaux problèmes générés concernent : la qualité de l'habitat, la saturation des villes et des villages, l'environnement urbain difficile, les difficultés de circulation aggravées par l'accroissement du parc automobile etc...
5. Le parc national d'El Kala (PNEK). Clic gauche sur le lien ci-après, pour accéder à une carte intéressante du P.N.E.K.
Les éléments descriptifs ci-dessus donnent un aperçu du potentiel naturel et écologique de la wilaya. Le parc national d'El Kala en est le symbole.
Il occupe plus du quart de la surface de la wilaya, ses écosystèmes très variés le classent parmi les sites mondialement protégés.
Le parc s'étend sur une bande côtière de 40 km environ, il se caractérise par sa haute couverture boisée (près de 70%), ses lacs côtiers à l'équilibre fragile (Lac Tonga, Lac Oubeïra, Lac Mellah). Les écologistes locaux, et plus largement la communauté des écologistes algériens, mènent un combat admirable pour la défense du parc national d'El Kala. Ce combat s'est accéléré avec le lancement du projet d'autoroute Est-Ouest, autoroute qui traversera l'Algérie du Nord sur 1200 km de la frontère tunisienne à la frontière marocaine. La construction de cette autoroute a été confiée à des entreprises chinoises et japonaises, cela est un sujet de polémique politique nationale car la place faite à la main d'oeuvre algérienne est réduite à la portion congrue (en particulier pour les emplois qualifiés) ce qui ne manque pas de choquer dans un pays où une écrasante majorité des jeunes diplômés est désoeuvrée.
La construction de l'autoroute a commencé, celle-ci passera à proximité du Lac Oubeïra en plein milieu du parc national d'El Kala. Plus à l'Ouest, l'autoroute passera très près d'un autre lac côtier qui m'a semblé déjà beaucoup souffrir au plan écologique, le Lac des Oiseaux. J'ai souvenir que dans mon enfance les eaux de ce lac léchaient la route nationale 44 plusieurs mois par an, aujourd'hui il est en voie d'assèchement. Les écologistes de la wilaya et les défenseurs du parc national d'El Kala vous invitent à visiter leur site internet. Ce site bien fait leur permet d'élargir leur audience et de contourner le black-out officiel sur la question. Grâce à ce site les défenseurs du PNEK touchent, d'abord et avant tout, la population algérienne bien au-delà des limites de la wilaya ; cela est aisément vérifiable au nombre de signataires de la pétition en ligne.
Loin de moi l'idée de critiquer naïvement la construction de cette autoroute. Si le projet d'autoroute Est-Ouest vise à redresser le tir, après tout mieux vaut tard que jamais, à désengorger le Nord, à encourager les entreprises à s'installer à l'intérieur (vide) du pays et à long terme à mieux répartir la population sur le territoire national, alors ce serait un mal pour un bien. Ceci étant, la place ne manquant pas, il n'y avait pas d'impératif à la faire passer à un jet de pierre du Lac Oubeïra. En revanche si ce projet pharaonique vise au rapprochement des trois pays du Maghreb, alors je dirais que c'est une aimable plaisanterie et cet argent aurait été plus utile ailleurs, par exemple pour refaire les rues des villes et villages algériens qui sont en piteux état laissant les populations dans la poussière en été et dans la boue en hiver.
Vous m'en voyez navré mais le lien ci-après n'est plus actif, vous ne pouvez plus accéder au site SAUVONS LE PARC des écologistes algériens
Pour clôre la présentation du parc national d'El Kala, voici un extrait de la présentation qu'en faisait la chaîne France 24 (Juin 2008) : "Le parc national d'El Kala est un petit coin de paradis sur la côte la plus orientale de l'Algérie : 80 000 hectares abritant une véritable mosaïque biologique, rare dans cette région de la Méditerranée, avec 1600 espèces végétales et 800 espèces animales dont certaines sont rarissimes. Mais ce réservoir de biodiversité est menacé. Une autoroute se construit. Le chantier est déjà bien avancé. La nouvelle voie va traverser le parc sur 20 kilomètres. Il s'agit du plus important chantier de l'histoire du pays ... ".
Là également je vous invite à faire un clic gauche sur le lien qui suit
afin d'accéder au reportage intégral de France 24
6. Potentialités touristiques et économiques.
Les données environnementales, climatiques et physiques que nous avons résumées donnent un aperçu du potentiel touristique de la wilaya : plages (La Messida, Cap Rosa, Hennaya, Mafrague), important potentiel forestier, sources thermales. Nous sommes en présence d'un diamant brut.
Je fais partie de ceux qui pensent que le développement de l'industrie touristique est un axe prometteur pour ce petit coin d'Algérie mais je fais aussi partie de ceux qui pensent que cela doit se faire dans la mesure.
Il est en effet primordial que, si développement touristique il doit y avoir, celui-ci ne saurait se faire sans prise en compte globale de tous les paramètres et en premier lieu du paramètre écologique impliquant le respect des équilibres naturels. Le tourisme est, pour cette wilaya, un axe de développement logique car il faut savoir que de l'autre côté de la frontière se trouve Tabarka dont nul n'ignore le dynamisme en la matière et les deux régions limitrophes pourraient jouer la carte de la complémentarité.
Cependant la route est encore bien longue pour prétendre jouer dans la cour des voisins, elle passe par la prise de conscience générale, et d'abord du côté des responsables, de tout le travail qu'il reste à effectuer : nettoyage et embellissement des villes et des villages, réfection et entretien des rues et des routes dont nous avons mesuré l'état de délabrement (j'ai pu observer que grand nombre de rues n'a pas été entretenu depuis l'indépendance du pays).
Tabler sur une stratégie d'investissements à court-terme (pizzerias, petits "business" avec retour rapide sur investissement ...) serait l'assurance de l'échec, de la poursuite de l'agression à l'environnement et de l'aggravation de la situation actuelle en matière de cadre de vie. Que faut-il attendre d'allers-retours sans lendemain et sans ambition dont la seule finalité est de générer du cash le plus rapidement possible. Il faut, bien au contraire, mettre un terme aux erreurs commises jusqu'à présent et jouer la carte qualitative en encourageant les investissements longs axés sur une hôtellerie de qualité (ce qui ne signifie pas bétonner la côte de gigantesques hôtels 4 étoiles, bien au contraire), sur des animations culturelles ambitieuses, et marquer sa volonté de respect de la nature et de préservation du caractère sauvage des sites. Cette stratégie est la seule qui pourrait être win-win (gagnante pour la nature et aussi pour les investisseurs) car aujourd'hui une grande majorité de clients potentiels (qu'ils soient nationaux ou étrangers) et à haut pouvoir d'achat est demandeuse d'un tourisme "intelligent".
La première étape passe IMPERATIVEMENT par ce que nous pourrions appeler un grand "nettoyage de printemps", les constats effectués à l'été 2008 sont accablants : décharges à ciel ouvert, y compris dans le centre des villes (El Kala), trottoirs et rues défoncées, des quartiers d'habitations entiers sont sortis de terre sans, le plus souvent, les infrastructures d'accompagnement minimales ; par exemple les rues de certains nouveaux quartiers ne sont pas asphaltées (on peut imaginer le calvaire des résidants : l'été dans la poussière et l'hiver dans la boue).
Au-delà de l'axe touristique, il y aurait à s'inquiéter aussi des faibles performances (est-ce le mot adapté ? mais va !) de l'agriculture ; ce constat est valable de façon générale pour tout le pays. Comment explique-t-on que ce pays qui avait été surnommé le "grenier à blé de Rome" (je me souviens, lorsque je rentrais vers 1960 de Koléa pour les vacances d'été, en passant par les hauts-plateaux en train, nous traversions une immensité jaune de blés qui ondulaient sous le vent d'été) soit aujourd'hui importateur net de céréales et de toutes sortes de produits alimentaires sinon par la faillite de son agriculture due au choix erroné de développement axé sur le tout industriel et, tant qu'à faire industrie lourde (la fameuse théorie de l'école marxiste de Grenoble, dite des "industries industrialisantes", n'a pas été, c'est le moins que l'on puisse dire, un franc succès), qui a fait que les petits fellahs et les populations rurales ont abandonné leurs terres, leurs campagnes et tourné le dos à leur unique savoir-faire pour aller pointer aux portes de la SNS à El-Hadjar ou d'autres usines ailleurs et s'entasser dans des cités laides, sinistres et lugubres construites à la hâte et dans l'anarchie défigurant aujourd'hui (car tout cela a très mal vieilli et c'est un euphémisme !) les belles villes d'Algérie de cicatrices irréversibles. Aujourd'hui changement de cap idéologique, le libéralisme avec son flot de privatisations est à la mode et, avec lui, c'est le même peuple qu'on licencie, ou à qui l'on verse une retraite de misère, de la SNS devenue ARCELOR-MITAL-ALGERIE ou d'ailleurs. La boucle est bouclée, mais ce peuple paye, au sens propre et au sens figuré, très chèrement l'abandon de sa terre qu'on l'a incité à opérer au cours des quatre décennies passées. Le risque encouru est celui du syndrome espagnol de la conquista (l'Espagne est tombé dans un profond sous-développement qui a duré plusieurs siècles après avoir dilapidé les richesses ramenées d'Amérique du Sud). En effet, la manne pétrolière et surtout gazière qui permet de subventionner les produits (importés) de base n'aura qu'un temps et se tarira très bientôt ; nous le voyons depuis quelques années, au plan mondial, les grands enjeux économiques à venir concernent les denrées alimentaires et l'eau. Les tensions sur les marchés mondiaux des produits de base font grimper leurs prix et d'ores et déjà les termes de l'échange des pays exportateurs de matières premières commencent à se dégrader, cette dégradation absorbe une grande partie de la rente.
Il est encore temps pour l'Algérie de miser sur le seul or qui vaille, les céréales, et à remettre en route son agriculture.
7. La ville d'El Tarf.
Le territoire de la commune se compose de deux ensembles physiques : au Nord les plaines (34% du territoire communale) avec un climat chaud et humide et une zone marécageuse, au Sud une zone montagneuse (les 2/3 de la surface communale) avec une grande couverture forestière.
La commune est composée d'une agglomération chef-lieu (El Tarf) et de quatre agglomérations secondaires (Sidi Belkacem, Aïn-Khiar, Métroha, Le Guergour).
Des montagnes descendent un grand nombre d'oueds (Oued Bougous, Oued Smati ...) qui se déversent dans l'Oued-El-Kébir que nous appelions jadis tout simplement La Rivière.
Le climat du Tarf représentatif de celui de toute la région se décline en une saison chaude de Juin à Octobre et d'une saison pluvieuse qui s'étale sur 4 mois de Novembre à Février. Le reste de l'année la région jouit d'un climat doux et très agréable.
La température annuelle moyenne est de 18°5 C, la moyenne annuelle des précipitations est de 910 mm.
Il est donc aisé de comprendre pourquoi en arrivant en Algérie les Français ont choisi de développer un village de colonisation à cet endroit. Comme beaucoup de villages coloniaux Le Tarf était représentatif du modèle, à savoir un coeur de village quasi exclusivement occupé par des familles européennes, à l'exception de quelques familles autochtones, une organisation urbaine reproduisant le schéma métropolitain avec une église au centre, autour de laquelle s'articulait la vie sociale et économique : il y avait les cafés, les commerces, la mairie, l'école et ... l'espace réservé aux joueurs de boules (pétanque autour de l'église et boule lyonnaise face au café de Madame Matté).
Le Tarf est situé au carrefour de trois axes :
- L'axe Est-Ouest avec la RN 44, Annaba (Bône) - El Tarf - El Kala (La Calle), cet axe a été dédoublé par une route côtière (la W 109, W comme wilaya, il s'agit donc d'une route départementale) que l'on peut rejoindre, depuis la RN 44, à la hauteur de l'aéroport d'Annaba. La W 109 relie Annaba à El Kala, elle traverse une région magnifique, encore préservée (PNEK), faite de lacs, de forêts avec, par endroits, des vues splendides sur la mer ou sur un lac.
- L'axe Nord-Sud avec la RN 82, El Tarf - Zitouna (Toustain) - Ain-Karma (Meunier) - Bou-Hadjar (Lamy) - Souk-Ahras.
- Depuis Le Tarf on peut rejoindre la côte et la W 109 en passant par Aïn-Khiar, au Nord, en empruntant la route CV 06.
Une idée de circuit depuis El Tarf : prendre la RN 44, jusqu'à Aïn-El-Assel (Yusuf), puis emprunter le CV 05 jusqu'à Aïn-Khiar, prendre ensuite le CV 06 pour rejoindre la route côtière W 109 dont nous parlions plus haut ; cette route, avant de vous mener à El Kala (La Calle), vous permettra de faire un crochet par Le Cap Rosa ou La Vielle Calle en longeant le Lac Mellah autour duquel vous verrez une foultitude d'oiseaux cherchant leur pitance ou se désaltérant. En fin de journée, quand le soleil se couche à l'horizon, c'est un spectacle absolument grandiose dans un cadre naturel d'une rare beauté.
La ville d'El Tarf s'est développée de façon un peu anarchique depuis 1962 autour de l'ancien village colonial (ce n'est cependant pas ce que j'ai vu de pire en la matière). Le nouveau statut administratif de la ville a entraîné une forte urbanisation qui s'est faite au détriment des terres agricoles. Ce phénomène est hélas fréquent en Algérie, l'exemple le plus représentatif, je dirais même le plus dramatique, est celui d'Alger dont le développement (quasi explosion urbaine de la capitale) s'est fait aux dépens des terres fertiles de la plaine de la Mitidja.
Malgré les réserves et les critiques que l'on peut émettre (elles sont nombreuses et nous ne nous en sommes pas privé) sur les choix économiques et en matière d'aménagement du territoire que l'Algérie a effectués depuis 1962, nous nous devons de reconnaître que, contrairement à d'autres, ce pays a fait, grâce aux immenses ressources financières que lui procurent ses hydrocarbures, un effort réel en matière d'éducation et de santé. En Algérie les enfants sont très massivement scolarisés et le travail des enfants (contrairement à ce que l'on peut voir ailleurs) est un phénomène inconnu de même d'ailleurs que la mendicité enfantine.
Le Tarf n'échappe pas à la règle, le taux de scolarisation des enfants de 6 à 15 ans est de 86% celui des adolescents de 16 à 19 ans est de 50%. On compte sur Le Tarf intra-muros 14 écoles, 4 collèges, 1 lycée et sur l'ensemble de la wilaya 259 écoles, 59 collèges et 14 lycées. La ville d'El Tarf possède une Université où sont enseignées les filières vétérinaire, d'agronomie, de biologie, de lettres arabes et de sociologie. Parmi les étudiants de la filière vétérinaire certains viennent d'Afrique sub-saharienne.
En matière de santé Le Tarf compte un hôpital (un deuxième est en voie d'achèvement), un centre de santé, 4 salles de soins, 7 pharmacies et 4 laboratoires.
En revanche c'est en matière d'infrastructures culturelles que le bât blesse, il n'y a pas de bibliothèque, pas de cinéma, pas de centre culturel ni de salle de spectacles.
Le Tarf est, à l'image de l'immense majorité des villes et villages d'Algérie, un désert culturel.